Portrait d’Alessandra Machado

Lille 3000 fait sa Renaissance : Rencontre avec une lilloise 100% Brasil !

 Alessandra Machado

Après Bombaysers de Lille, Europe XXL et Fantastic, Lille se plongera du 26 septembre 2015 au 17 janvier 2016 au coeur de villes en pleine « Renaissance ». Parmi elles, Rio ! Rencontre avec Alessandra Machado, « brésilienne, attestée d’origine », jolie brune de 42 ans, maman de 4 enfants de 23, 20, 19 et 11 ans. Alessandra est née à Valença, un petit village à 300 km de Rio, d’une maman célibataire. « Ma maman s’est battue, malgré sa grande pauvreté, pour me donner une bonne éducation. Bébé, je dormais dans une cagette de fruits. Quand on mangeait de la sardine avec du riz, c’était déjà beaucoup. Ma mère a été extraordinaire. Elle m’a donné des outils incroyables pour survivre. C’est grâce à elle que je suis devenue cette force de la nature ». Alessandra a grandi sous la dictature militaire brésilienne, dans l’instabilité perpétuelle. Mais elle garde le souvenir d’une enfance heureuse. Sa maman était animiste. « J’ai grandi avec cette croyance dans les âmes et les esprits. Dans cette religion, toute action doit être empreinte de bienveillance », explique-t-elle. Et bienveillante, elle l’est Alessandra ! Son tempérament explosif, elle le doit sans doute à cette enfance difficile. « A l’âge de 3 ans, je travaillais pour aider ma maman, manucure. Je faisais du porte à porte, j’allais chercher des clients dans la rue ». Mais rapidement, l’enfant rêve d’horizons lointains : « Mes nuits étaient semées d’ailleurs. Je rêvais dans d’autres langues, sans même les connaître ». A 9 ans, elle vend des montres dans la rue. A 14 ans, alors qu’on lui découvre une intolérance au gluten et au lactose, elle se prend de passion pour la cuisine grâce aux conseils d’une amie qui l’oriente vers le mode de vie macrobiotique. Un de ses amis, restaurateur, l’embauche : « Je cuisinais en robe fleurie, pieds nus, en écoutant Janis Joplin ». C’est aussi à cet âge que sa mère l’émancipe. « J’étudiais la nuit. Mais à 17 ans, il a fallu faire un choix : je voulais aller à la fac mais ma mère n’avait pas les moyens de me payer des études ».

Elle quitte le Brésil pour Lille !

Alors, à 17 ans, elle est partie faire sa vie ailleurs. Elle rejoint Visconde de Maua, un haut lieu du hippisme au Brésil, à 400 km de chez elle. L’endroit est idyllique. « J’y suis allée avec des copines en stop, pour la nouvelle année. Nous avons dansé, chanté, rigolé. Et puis, nous sommes restées ». Alessandra installe sa tente derrière celle de celui qui deviendra le père de ses trois filles, Julio, musicien et hippie. Le couple vit de rien, en communion avec la nature, guidé par cette idée de pureté. A 22 ans, ils partent vivre à Rio. Tous deux sont cuisiniers dans un restaurant français. Leur vie est précaire, Julio est volage. Une rencontre va bousculer la vie d’Alessandra. René, un cuisinier français, originaire de Lille, en vacances au Brésil, s’entiche d’elle. Alessandra quitte Julio et part rejoindre René à Corte, en Corse, le temps d’une saison. Elle confie ses trois enfants à sa maman. « En 3 mois, j’ai gagné 21 000 francs. C’était une somme énorme pour moi ». Avec cet argent, elle rentre au pays et refait la toiture de sa maman. De retour, elle se fait engager dans un grand restaurant au Brésil. Avant de commencer une nouvelle vie à Lille, au cours de l’hiver 1997. Ses trois filles ne sont pas du voyage. Elles rejoindront leur maman de longs mois plus tard. Pendant un an, Alessandra vit dans la plus grande précarité. Mais cette guerrière ne baisse jamais les bras et croit à sa bonne étoile. Qui lui fait rencontrer un autre homme, Bruno, qui deviendra son mari et le père de son petit garçon. Quelques années plus tard, Alessandra et Bruno divorcent. « Une fois encore, je me suis retrouvée sans rien. Il fallait tout reconstruire ». Jamais découragée, Alessandra garde toujours cette emprise sur elle et cette bienveillance pour les autres. Elle aime danser ? Soit, elle décide de mettre sa passion, la danse, pour aider les autres.

Avec la danse, faire tomber les barrières

En 2008, Alessandra part en Floride et découvre la zumba, « une danse qui correspond totalement à ma pensée : liberté, simplicité, accessible à tous ». De retour à Lille, elle devient auto-entrepreneur. Puis, elle passe son certificat APT (Activités Physiques pour Tous) et s’investit à 300% dans un club. « La danse connecte les gens, fait tomber les barrières, les rend uniques dans le collectif ». Alessandra créée l’association Zumba So, devenue aujourd’hui Passer’elles. Elle donne des cours de zumba dans les différents quartiers lillois, à Lille-Sud et dans le Vieux-Lille, en passant par Wazemmes ou le Faubourg-de-Béthune. Elle utilise la danse pour que les femmes se parlent, peu importe leur milieu social. Alessandra propose aussi des animations ponctuelles auprès des malades mentaux, des SDF, des enfants maltraités, des jeunes filles en foyers ou des retraités.

Hyper active, Alessandra aime aller où on ne l’attend pas. Elle a été choisie par l’émission « La France a un incroyable talent » spécial seniors, pour préparer une chorégraphie de 2 minutes qui sera présentée devant le jury à Paris en septembre. Cette éternelle étudiante – elle est titulaire de 14 diplômes en 7 ans – doit son énergie débordante à un mental d’acier et à une hygiène de vie irréprochable. Et c’est ainsi que les organisateurs de Lille 3000 se sont tournés vers elle pour la préparation de la Grande parade d’ouverture de l’événement Renaissance. Rendez-vous le 27 septembre à 20h, à Saint-Sauveur, pour un Master Class de danses brésiliennes, ouvert à tous.

www.lille3000.eu

 

 

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